Le groupe STS continue à prendre de l’altitude

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Le groupe STS continue à prendre de l’altitude

L’entreprise decazevilloise, sur le marché très exigeant de l’aéronautique notamment, poursuit une dynamique de développement maîtrisée.

Quand il parle de son entreprise, Stéphan Mazars le fait avec la voix, bien sûr. Mais il en parle aussi avec le cœur, lui qui a pris le relais de son père en 2008 dans les bureaux et les ateliers de la zone du Centre, à Decazeville. Société Technic’Services (STS) était à l’origine une petite entreprise familiale, créée en 1989 par Michel Mazars avec, seulement, trois salariés.

Aujourd’hui, le groupe STS emploie 120 personnes sur Decazeville et 40 sur Capdenac (dont 80 % de travailleurs handicapés de par son statut d’entreprise adaptée).

Des bouts d’avion, des bouts de bateaux…

STS est devenu peu à peu l’un des fleurons aveyronnais de l’industrie de pointe, travaillant notamment dans les secteurs de l’aéronautique (en priorité), de l’énergie, du paramédical, du nautisme, du ferroviaire… Les métiers de STS tournent autour de la conception et de la fabrication de pièces en matériaux composites. Des opérations de peinture sur matériaux souples et d’assemblage d’ensembles avec câblage, rivetage et ajustage sont également au catalogue des prestations d’une société qui fournit, entre autres, des pièces pour les programmes d’Airbus : A320, A350, A400M, A380…

Mais pas que. Car si STS conçoit et fabrique des «bouts d’avions», comme le dit Stéphan Mazars, il sort aussi des ateliers decazevillois des «bouts de bateaux», des «bouts de train», des «bouts de blocs opératoire»… Peu ou prou, 5 000 produits sont estampillés STS, qui composent des hélices d’avion, des têtes de missile, des hublots de yachts, des pièces de pétrins automatiques, de tables médicales, de drones…

Un projet de recyclage de la fibre de carbone

Et ce processus de diversification ne va pas en rester là. «On ne va pas mettre tous les œufs dans le même panier, ce pourrait être dangereux», explique Stéphan Mazars, qui révèle dans ce sens un projet en cours qui pourrait être particulièrement porteur.

«Avec la société toulousaine Alpha Recyclage Composite, nous travaillons sur un procédé de recyclage de la fibre de carbone. Nous sommes actuellement dans une démarche d’innovation et de recherche. Il faut savoir que, pour l’instant, la fibre de carbone est enfouie ou incinérée. Si on parvient à la recycler, cela ouvrirait un marché colossal, sachant que les avions constitueraient la première provenance de matière. On pourrait environ réutiliser 80 % du carbone récupérés, à des fins peut-être moins nobles que l’aéronautique, mais quand même.» La première unité de traitement est installée à Castelsarrasin, classée Seveso (prévention des risques industriels majeurs).

Et s’il tient à rester prudent sur le sujet, Stéphan Mazars ne cache pas son ambition de ramener, à terme, une partie de cette activité nouvelle et porteuse sur Decazeville.

Perspectives de nouvelle extension et d’embauches

En attendant de concrétiser les espoirs placés dans cette voie industrielle novatrice, le groupe STS travaille aussi à d’autres pistes de développement. Ce qui pourrait l’amener à prendre encore davantage ses aises, toujours sur la zone du Centre, mais dans des délais qui restent encore à déterminer. Il est vrai que l’entreprise decazevilloise évolue dans un «marché globalement favorable», comme le souligne Stéphan Mazars.

De quoi envisager également l’embauche de nouveaux collaborateurs. «À ce jour, nous sommes potentiellement créateurs d’une dizaine d’emplois supplémentaires, à tous les niveaux de production, de l’opérateur à l’ingénieur, que l’on parle de travailleurs handicapés ou autres. À ce propos, la loi va évoluer pour les entreprises adaptées, ce qui, en résumé, doit permettre de descendre en dessous du seuil des 80% de travailleurs en situation de handicap.»

Un élément important pour aller encore un peu plus loin dans une politique de développement parfaitement maîtrisée ; comme il se doit dans l’aéronautique.

Salon du Bourget : l’envol de la machine à aligot

Au Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace de Paris-Le Bourget  – «le rendez-vous des acteurs mondiaux de l’industrie des innovations technologiques» – le groupe STS sera de la partie toute la semaine sur un stand qui mettra en valeur son savoir-faire. Stéphan Mazars sera aux commandes, car, comme il le dit, «il est important d’y être. On voit du monde qu’on ne voit pas d’habitude. On arrive à pousser des portes. On rencontre des clients et des fournisseurs. Pour le relationnel, c’est incontournable.» Si Stéphan Mazars parlera aéronautique, normal, il évoquera également d’autres facettes industrielles de son entreprise. En particulier celle qui l’amène à fabriquer la machine à aligot, dont le concept est porté par Fabrice Carrier et Christian Valette. «Aligot Express», du nom de la machine en question, prépare et sert un aligot en soixante secondes chronos. La production industrielle de l’équipement a été lancée la semaine dernière dans les ateliers decazevillois de STS. Entre 70 et 80 machines seront fabriquées cette année, avec des débouchés prometteurs. La commercialisation d’Aligot-Express, outre en France, a déjà pris les chemins du Japon, de l’Australie, des États-Unis… De quoi faire «saliver» Stéphan Mazars, qui, au Bourget, jouera les démonstrateurs pour que la machine à aligot prenne, elle aussi, son envol.


STS en chiffres

30 ans d’expérience

9 M€ de chiffre d’affaires

3,5 M€ investis en 2017 sur les 2 sites du groupe (sur Decazeville notamment, avec le rachat et l’aménagement d’un vaste atelier jusque-là propriété de la communauté de communes)

9 000 m2d’ateliers couverts de production

160 salariés, dont 80% de travailleurs handicapés

 

Source : F. C. – www.ladepeche.fr – Publié le 19/06/2019 à 09:13 – Le groupe STS continue à prendre de l’altitude
2019-06-21T14:36:11+00:00 19/06/2019|Revue de presse, Salons et conventions|